Le PS se déchire à nouveau

Le PS se déchire à nouveau
A qui profitera la victoire du PS aux municipales et cantonales? Cette question provoque visiblement une certaine tension dans le parti. Le ségoliste Vincent Peillon a ainsi appelé vendredi François Hollande, potentiel candidat à la présidentielle de 2012, à ne pas utiliser la victoire à des fins personnelles. Il reproche au numéro un du PS d'avoir fait signer, à l'appui de sa stratégie, un texte par plus de quarante premiers secrétaires fédéraux.

«Cette victoire, c'est celle de tous les socialistes, il ne faut pas l'utiliser à titre personnel, a déclaré le député PS. Ségolène Royal ne le fait pas, Bertrand Delanoë ne le fait pas, il ne faudrait pas que le Premier secrétaire le fasse. Il est le Premier secrétaire de tous les socialistes, pas de 45 premiers fédéraux. (...) C'est un texte de fraction», a ajouté l'élu, remonté.

Vincent Peillon a affirmé par ailleurs que le calendrier choisi par François Hollande et fixant le congrès chargé de désigner son successeur au début novembre ne gênait pas Ségolène Royal, même si ses proches espéraient une date plus avancée, avant l'été.

Jospin à la rescousse de Delanoë

Et tandis que Vincent Peillon monte au créneau pour que Ségolène Royal puisse prendre la tête du parti, Lionel Jospin s'exprime dans une tribune dans «Le Monde». «Parmi leurs dirigeants actuels, les socialistes doivent choisir pour la porter à leur tête une personnalité dotée d'une culture et d'une expérience politiques indiscutables», écrit-il. Une critique implicite contre Ségolène Royal. Pour ce proche de Bertrand Delanoë, il faut au contraire «un chef de file reconnu qui mette chacun au travail». Il affine le portrait du leader souhaité «qui connaisse le PS et respecte ses militants. Qui ait la volonté de redonner à tous le sens de la réflexion et de l'action collectives pour faire des propositions cohérentes au pays». «Il faut au prochain Congrès, sans déchirements, mais après débat, choisir un leader, une équipe, une orientation», écrit-il, réfutant «un Premier secrétaire de transition».

Dans «Le Monde» daté de mercredi, Jean-Christophe Cambadélis, un des chefs de file du groupe des «reconstructeurs», alliance de strauss-kahniens, de fabiusiens et d'amis d'Arnaud Montebourg et de Martine Aubry, avait déjà tendu la main à Bertrand Delanoë «s'il ne fait pas de sa candidature un préalable».
Eric Feferberg AFP/Archives ¦ Ségolène Royal et François Hollande à Paris, le 29 mai 2007





# Posté le lundi 24 mars 2008 05:50

Plutôt que de chercher un chef, le PS doit trouver un projet

Plutôt que de chercher un chef, le PS doit trouver un projet
La gauche sort victorieuse des municipales avec la gestion de 183 villes de plus de 30 000 habitants contre seulement 124 pour la droite. Une victoire qui sanctionne sans aucun doute la politique sarkozyste. Et dès 20 heures dimanche, des têtes pour prendre la direction du PS se sont dressées. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il s'agisse d'une adhésion au projet du plus important parti de gauche. A la veille du congrès à l'automne, les socialistes donnent l'impression de chercher un leader, d'élaborer un casting présidentiel, avant de réfléchir au projet qu'ils souhaitent porter. Notamment Ségolène Royal, qui voudrait accélérer la date du congrès afin de «choisir un leader pour se mettre en ordre de marche».
«Modernité». Guillaume Bachelay, proche de Laurent Fabius, pense au contraire qu'«il faut éviter la répétition de 2004, après la victoire des socialistes aux régionales où il n'y a pas eu transformation de la dynamique pour la présidentielle». Le député européen Benoît Hamon pense quant à lui que «le PS doit moderniser son offre politique en prenant en compte les trois dernières défaites présidentielles. Les programmes défendus étaient de centre gauche. La gauche doit à nouveau s'assumer en tant que telle pour embrasser la modernité».

Les débats du prochain congrès tourneront probablement autour de la question des alliances avec le centre ou du rassemblement de la gauche. De cette question dépendra la ligne idéologique du PS. Plusieurs visions s'opposent. Bachelay, membre du bureau national, pense qu'il faut «un rassemblement de la gauche puis un élargissement à d'autres»... Le député des Alpes-de-Haute-Provence Jean-Louis Bianco estime qu'on a fait de faux procès à Ségolène Royal, considérant qu'elle n'a demandé d'accord avec le Modem qu'avec un contrat de gouvernance claire. Hamon n'oublie pas que le seul objectif de François Bayrou est de passer devant le PS en 2012.

Volatil. Malgré les alliances au second tour, le parti du centre a un électorat volatil. Par ailleurs, sa stratégie ne paye pas : l'alliance avec la gauche à Marseille a été perdante, tout comme celle avec la droite à Toulouse. Il semble clair que le PS doit désormais faire le choix de l'alliance à gauche afin de répondre réellement aux préoccupations des Français. Pourtant, il est probable que les socialistes soient, lors de leur congrès, une fois de plus, incapables de se poser les bonnes questions sans se gargariser de la dernière victoire électorale. Alors que les petites gens auraient bel et bien besoin de cette gauche qui agit.

# Posté le dimanche 23 mars 2008 09:42

Royal juge "tardif" le calendrier du congrès du PS

Royal juge "tardif" le calendrier du congrès du PS
Ségolène Royal a jugé "tardif" mercredi le calendrier proposé par la commission de la rénovation du PS pour le congrès du parti, prévu début novembre. "Il ne faut pas attendre novembre pour apporter des solutions alternatives, concrètes aux Français. Ce calendrier paraît tardif. L'opposition a son rôle à jouer dès maintenant", a déclaré sur France-3 la candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007.

Interrogée sur ses visées sur le poste de Premier secrétaire, qui sera laissé vacant par son ex-compagnon François Hollande, Mme Royal a affirmé "ne pas se mêler des problèmes de calendrier ou d'organisation interne", et avoir "délégué pour cela François Rebsamen", co-directeur de sa campagne présidentielle.

"Ma responsabilité aujourd'hui, avec d'autres, c'est d'être prête le moment venu pour incarner une véritable alternative à ce qui se passe aujourd'hui dans le pays", a-t-elle dit.

La commission de la rénovation, présidée par M. Rebsamen, a entériné mardi soir le calendrier en deux temps proposé par François Hollande: une convention nationale avant l'été pour entériner une nouvelle déclaration de principes et des changements statutaires, et le congrès lui-même à l'automne. Cette proposition sera soumise mardi prochain au conseil national, le "Parlement" du parti. L'idée d'un congrès anticipé formulée par Ségolène Royal n'a pas été reprise.

Ségolène Royal a également défendu sa stratégie d'alliance avec le MoDem de François Bayrou, alors que son appel à des accords "partout" avec les centristes au soir du premier tour des municipales a été très décrié au PS.

"L'attitude qui a été la mienne est la bonne. Il faut tendre la main au centre et au centre-gauche après avoir fait bien sûr le rassemblement de tous nos partenaires de la gauche", a assuré Mme Royal. "Il faut sortir du sectarisme, de l'affrontement bloc contre bloc. Il ne faut pas avoir peur d'anticiper les nouvelles alliances de demain". AP


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# Posté le dimanche 23 mars 2008 09:39

Agenda des prochains jours pour Ségolène

Agenda des prochains jours pour Ségolène
Dimanche 9 mars

- TF1 à 20h00

Lundi 10 mars

- 7H45 à 7H55 : Interview Nicolas Demorand - France Inter

- 13h05 dans "10 minutes d'interview" - I télé

- 18H30 à 18H40: Interview Guillaume Durand - Europe 1

# Posté le dimanche 09 mars 2008 01:44

Ségolène Royal rêve d'un PS à trois millions d'adhérents

Ségolène Royal rêve d'un PS à trois millions d'adhérents
L'ex-candidate à l'Élysée se «sent» déjà «majoritaire» et n'hésite plus que sur la date pour annoncer sa candidature à la tête du parti.
Ségolène Royal termine la campagne municipale comme elle l'avait commencé. Sur le terrain, au contact des militants. En opposition frontale à Nicolas Sarkozy. Et en effectuant un pas de plus vers une candidature au poste de premier secrétaire du PS. «Je me sens majoritaire au Parti socialiste», a-t-elle confié mercredi soir à Toulouse lors d'un dîner informel avec des journalistes, à l'issue d'un meeting de soutien au candidat de la gauche Pierre Cohen.

Pas question donc pour l'ex-candidate à l'Élysée d'aller chercher des alliances avec quelque courant du parti que ce soit. «Si les gens veulent venir avec moi, qu'ils viennent. Mais je ne vais pas recommencer à aller les chercher», assure-t-elle. Une allusion à la campagne de 2007 lorsque les «éléphants» du parti s'étaient fait prier pour la soutenir, l'avaient finalement rejointe mais sans excès d'enthousiasme. Ségolène Royal garde d'ailleurs beaucoup de ranc½ur de cet épisode. Notamment à l'égard de Laurent Fabius qu'elle a croisé cette semaine en Seine-Saint-Denis, dans le cadre de la campagne municipale, mais sans chercher à le rencontrer.

De toute façon, elle estime que les stratégies d'alliance avec les courants sont dépassées. «Je ne vais pas chercher à appliquer d'anciennes méthodes qui ne marchent plus», dit-elle. Le passage en force alors ? Avec une candidature déposée devant les Français et les socialistes au soir du second tour des élections municipales ? Dans une longue moue dubitative, Ségolène Royal pèse le pour et le contre, hoche la tête d'un côté puis de l'autre et répond, tentée : «Je n'ai pas encore pris ma décision. Ce sera une question de feeling. Si je le sens à ce moment-là, oui j'irai.» Bref, sa candidature à la tête du PS n'est plus qu'une question de date.

Sa stratégie est validée. Son impact auprès des militants aussi. Tout comme ses projets, ambitieux, pour le parti. «Je veux faire du PS un parti de masse avec, pourquoi pas ?, un, deux voire trois millions d'adhérents !», explique Ségolène Royal. Comment ? En capitalisant sur ce qui fait une partie de sa force : un contact quasi passionnel avec les quartiers populaires. «Je suis la seule au PS qui touche ces quartiers que le parti se désespère de réussir à rencontrer» , constate-t-elle.


Le retour de Martine Aubry

De fait, ses deux mois de campagne municipale en France ont été marqués par des accueils triomphaux dans les banlieues. Comme à Vaux-en-Velin dans la banlieue lyonnaise en janvier dernier ou encore mercredi dans le quartier du Mirail à Toulouse où, dans une joyeuse bousculade, chacun cherchait à obtenir une photo à ses côtés. Bien sûr, le label «vu à la télé» y est pour beaucoup. Mais pas seulement. Face à un président de la République qui décroche dans les sondages, «les gens que je rencontre, et qui ont voté pour moi l'année dernière, sont aujourd'hui fiers de m'avoir soutenue. Comme si la désinvolture et les échecs de Nicolas Sarkozy leur donnaient raison après coup», raconte-t-elle.

Mais ce soutien populaire sera-t-il suffisant pour s'emparer du parti ? À savoir rassembler plus de 50 % des voix lors du prochain congrès du PS. Pour y parvenir, Ségolène Royal devra se plier aux statuts du parti, même si elle les juge «lourdingues», et donc déposer une motion, même si elle se refuse à employer le terme. Or, au sein du PS, «les apparatchiks s'organisent pour bâtir le front anti-Royal», assure un membre de son entourage.

Dans sa ligne de mire, l'alliance des reconstructeurs bâtie autour des courants fabiusien et strauss-khanien. Pour contrer Ségolène Royal, ils cherchent un porte-drapeau. Le nom de Martine Aubry, qui ne cache plus son désir de revenir au premier plan, est l'un de ceux qui sont cités. Assurée d'emporter la victoire à Lille, elle se retrouverait toutefois dans la même position que Bertrand Delanoë. Renforcée par une victoire municipale mais empêchée de capitaliser immédiatement dessus sous peine de se voir accusée d'abandonner ses électeurs. Ségolène Royal le sait, qui donc hésite encore sur le meilleur moment pour accélérer encore sa course au PS.

# Posté le vendredi 07 mars 2008 13:39