Ce n'est pas une anecdote mais une manière de vivre: en 1988, Ségolène Royal, conseillère à l'Elysée, se décide tard à demander une circonscription au Président qui lui rétorque: "Si vous voulez y arriver, il faut foncer. Il est peut-être trop tard." Ségolène foncera et arrivera à conquérir les Deux-Sèvres et à s'y maintenir pendant vingt ans.
Ségolène Royal, une femme de conviction dopée à la révolte pour Laure Adler. (Reuters)
Ségolène qui va vite, Ségolène l'impulsive, Ségolène qui se fixe ses objectifs: j'y suis, j'y reste, j'écoute, je vais voir les paysans, je vais dans les écoles, je pose des questions, j'écoute tout le monde, je n'aime pas les puissants, j'ai plus à apprendre de la base. Elle se transforme alors en madone du chabichou. Pathétique, disent les uns, ringarde, disent les autres.
Mais avez-vous vu La Vie moderne, ce film formidable de Raymond Depardon et Claudine Nougaret sur la vie des paysans? On y voit des êtres qui vivent en harmonie avec la nature et avec eux-mêmes. Alors, Ségolène la moderne? Vilipendée, elle reste fidèle à sa méthode inventée il y a vingt ans sur le terrain: croire en l'intelligence de chacun, ne pas s'enfermer dans l'appareil. On la dit narcissique, hystérique, capricieuse. Oui, Ségolène s'aime. Et alors? D'ailleurs, elle est de plus en plus belle.
On la juge sans colonne vertébrale idéologique et on répète qu'elle change d'idée comme de chemise. Qui d'autre, dans son parti, a sillonné la France, fait appel aux jeunes, créé des chantiers intellectuels et politiques, des forums sur Internet? On se moque de son "ordre juste", oubliant que l'expression est de Jaurès, et de son "aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez", hommage à la femme debout qu'est Juliette Gréco.
Ségolène dit qu'elle a envie. L'appétit de jouissance a toujours été, en politique, un facteur important. Ségolène a du désir et inspire du désir. En tout cas chez les militants. Ségolène surfe sur l'événement. Ségolène scénarise. Mais comment le lui reprocher au moment où la politique devient la construction d'un récit, la fabrication d'icônes médiatiques.
Ségolène s'accroche. Elle a ses convictions. On sous-estime son instinct de révolte et la passion qu'elle prend à faire de la politique. Après sa défaite - qu'elle a eu du mal à réaliser -, elle a fait son autocritique et compris qu'elle ne pouvait jouer solo. En bonne mitterrandienne, elle sait qu'il y a des moments dans la vie où le pouvoir se conquiert à l'arraché à condition de savoir fendre l'armure.
Ségolène Royal, une femme de conviction dopée à la révolte pour Laure Adler. (Reuters)
Ségolène qui va vite, Ségolène l'impulsive, Ségolène qui se fixe ses objectifs: j'y suis, j'y reste, j'écoute, je vais voir les paysans, je vais dans les écoles, je pose des questions, j'écoute tout le monde, je n'aime pas les puissants, j'ai plus à apprendre de la base. Elle se transforme alors en madone du chabichou. Pathétique, disent les uns, ringarde, disent les autres.
Mais avez-vous vu La Vie moderne, ce film formidable de Raymond Depardon et Claudine Nougaret sur la vie des paysans? On y voit des êtres qui vivent en harmonie avec la nature et avec eux-mêmes. Alors, Ségolène la moderne? Vilipendée, elle reste fidèle à sa méthode inventée il y a vingt ans sur le terrain: croire en l'intelligence de chacun, ne pas s'enfermer dans l'appareil. On la dit narcissique, hystérique, capricieuse. Oui, Ségolène s'aime. Et alors? D'ailleurs, elle est de plus en plus belle.
On la juge sans colonne vertébrale idéologique et on répète qu'elle change d'idée comme de chemise. Qui d'autre, dans son parti, a sillonné la France, fait appel aux jeunes, créé des chantiers intellectuels et politiques, des forums sur Internet? On se moque de son "ordre juste", oubliant que l'expression est de Jaurès, et de son "aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez", hommage à la femme debout qu'est Juliette Gréco.
Ségolène dit qu'elle a envie. L'appétit de jouissance a toujours été, en politique, un facteur important. Ségolène a du désir et inspire du désir. En tout cas chez les militants. Ségolène surfe sur l'événement. Ségolène scénarise. Mais comment le lui reprocher au moment où la politique devient la construction d'un récit, la fabrication d'icônes médiatiques.
Ségolène s'accroche. Elle a ses convictions. On sous-estime son instinct de révolte et la passion qu'elle prend à faire de la politique. Après sa défaite - qu'elle a eu du mal à réaliser -, elle a fait son autocritique et compris qu'elle ne pouvait jouer solo. En bonne mitterrandienne, elle sait qu'il y a des moments dans la vie où le pouvoir se conquiert à l'arraché à condition de savoir fendre l'armure.
