"Très sincèrement, j'ai ressenti un choc en pensant aux dizaines de milliers de militants qui se sont fait voler leur vote", a commenté Ségolène Royal sur France-2, ajoutant qu'elle allait faire "une déclaration solennelle dans quelques jours".
Dans leur ouvrage à paraître jeudi, les auteurs affirment que le jour de l'élection "la consigne est claire: ne pas lâcher les résultats du Nord tant que ceux de toute la France ne sont pas remonter", ils "sont gelés pour pouvoir être 'ajustés' jusqu'au dernier moment afin d'assurer une avance suffisante à Martine Aubry". Et de citer les propos du conseiller politique de Mme Aubry à la mairie de Lille, Guillaume Blanc, à une section lilloise du parti: "On ne prend plus de gants, vous bourrez les urnes" pour assurer la victoire de sa patronne.
La fraude n'aurait pas concerné que les fédérations du Nord, mais également la Guadeloupe. Le député et président de la région Guadeloupe Victorien Lurel affirme qu'"ils ont bourré les urnes: plusieurs militants (de la section de Pointe-à-Pitre, NDLR) qui ne se sont pas déplacés ont pourtant été recensés, signature à l'appui comme s'ils avaient voté".
La maire de Lille avait emporté la tête du parti de justesse, avec 102 voix d'écart, devant Ségolène Royal en novembre dernier.
Pour Ségolène Royal, "on savait que ça avait triché mais pas avec cette ampleur, ni avec ce système d'organisation". "On ne peut pas laisser passer ça pour les militants qui ont voté, pour l'opinion publique, pour les Français, pour le principe même de la démocratie, pour la morale en politique", a-t-elle observé.
"Je vous dirai dans quelques jours ce que nous comptons dire ou que nous comptons faire" mais "on ne peut pas passer sous silence ou minimiser ce qui se passe", a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes. "En même temps, je suis consciente de la lassitude des militants et de l'image déplorable que cela donne des dirigeants actuels du PS".
"Après le congrès, quand on a vu qu'il y avait eu des tricheries, Robert Badinter avait fait une proposition que j'avais soutenue, que j'avais proposée à Martine Aubry, qui était de revoter dans les fédérations litigieuses. Cette solution qui était responsable a été refusée, je comprends mieux pourquoi elle a été refusée", a lancé Ségolène Royal.
"On aurait pu faire un recours, on a choisi de calmer le jeu en demandant des responsabilités dans le parti", a rappelé l'ancienne candidate à la tête du PS. "On va faire le point de la situation".
Le député socialiste de Seine-Maritime Laurent Fabius a avancé pour sa part qu'"il n'y a pas d'éléments probants" sur des fraudes en faveur de Martine Aubry. "Cela avait été abandonné, ces accusations, y compris par les opposants internes de Martine Aubry. Je crois que Martine Aubry a gagné, les choses sont derrière nous", a-t-il souligné sur RTL, disant à propos de ces nouvelles accusations de tricherie: "encore faut-il l'attester". AP




