Fraude au PS: Royal, choquée, va faire "une déclaration solennelle dans quelques jours"

Fraude au PS: Royal, choquée, va faire "une déclaration solennelle dans quelques jours"
Nouvelles tensions au PS autour de l'élection du Premier secrétaire. "On savait que ça avait triché, mais pas avec cette ampleur", a réagi mercredi Ségolène Royal à la publication d'extraits de "Hold-uPS, arnaques et trahisons", d'Antonin André et Karim Rissouli (Ed. du Moment). Selon les deux journalistes, la victoire de Martine Aubry a été fabriquée de toutes pièces.

"Très sincèrement, j'ai ressenti un choc en pensant aux dizaines de milliers de militants qui se sont fait voler leur vote", a commenté Ségolène Royal sur France-2, ajoutant qu'elle allait faire "une déclaration solennelle dans quelques jours".

Dans leur ouvrage à paraître jeudi, les auteurs affirment que le jour de l'élection "la consigne est claire: ne pas lâcher les résultats du Nord tant que ceux de toute la France ne sont pas remonter", ils "sont gelés pour pouvoir être 'ajustés' jusqu'au dernier moment afin d'assurer une avance suffisante à Martine Aubry". Et de citer les propos du conseiller politique de Mme Aubry à la mairie de Lille, Guillaume Blanc, à une section lilloise du parti: "On ne prend plus de gants, vous bourrez les urnes" pour assurer la victoire de sa patronne.

La fraude n'aurait pas concerné que les fédérations du Nord, mais également la Guadeloupe. Le député et président de la région Guadeloupe Victorien Lurel affirme qu'"ils ont bourré les urnes: plusieurs militants (de la section de Pointe-à-Pitre, NDLR) qui ne se sont pas déplacés ont pourtant été recensés, signature à l'appui comme s'ils avaient voté".

La maire de Lille avait emporté la tête du parti de justesse, avec 102 voix d'écart, devant Ségolène Royal en novembre dernier.

Pour Ségolène Royal, "on savait que ça avait triché mais pas avec cette ampleur, ni avec ce système d'organisation". "On ne peut pas laisser passer ça pour les militants qui ont voté, pour l'opinion publique, pour les Français, pour le principe même de la démocratie, pour la morale en politique", a-t-elle observé.

"Je vous dirai dans quelques jours ce que nous comptons dire ou que nous comptons faire" mais "on ne peut pas passer sous silence ou minimiser ce qui se passe", a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes. "En même temps, je suis consciente de la lassitude des militants et de l'image déplorable que cela donne des dirigeants actuels du PS".

"Après le congrès, quand on a vu qu'il y avait eu des tricheries, Robert Badinter avait fait une proposition que j'avais soutenue, que j'avais proposée à Martine Aubry, qui était de revoter dans les fédérations litigieuses. Cette solution qui était responsable a été refusée, je comprends mieux pourquoi elle a été refusée", a lancé Ségolène Royal.

"On aurait pu faire un recours, on a choisi de calmer le jeu en demandant des responsabilités dans le parti", a rappelé l'ancienne candidate à la tête du PS. "On va faire le point de la situation".

Le député socialiste de Seine-Maritime Laurent Fabius a avancé pour sa part qu'"il n'y a pas d'éléments probants" sur des fraudes en faveur de Martine Aubry. "Cela avait été abandonné, ces accusations, y compris par les opposants internes de Martine Aubry. Je crois que Martine Aubry a gagné, les choses sont derrière nous", a-t-il souligné sur RTL, disant à propos de ces nouvelles accusations de tricherie: "encore faut-il l'attester". AP
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# Posté le mercredi 09 septembre 2009 07:54

Ségolène Royal repart en croisade avec 2012 en ligne de mire

Ségolène Royal repart en croisade avec 2012 en ligne de mire
PARIS - Trois jours après l'université d'été du Parti socialiste, Ségolène Royal repart en croisade et se lance dans la course aux régionales de 2010 avec la présidentielle de 2012 en ligne de mire.



Trois jours après l'université d'été du Parti socialiste, Ségolène Royal repart en croisade et se lance dans la course aux régionales de 2010 avec la présidentielle de 2012 en ligne de mire. (Reuters/Stéphane Mahé)
L'ex-candidate socialiste à l'Elysée explique jeudi dans Le Parisien que son ambition d'être "la candidate écologiste" en 2012 "n'est pas forcément une boutade" et repart à la charge contre la taxe carbone.

Ségolène Royal répond également sur son site internet à la polémique sur sa situation au sein du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) après que l'UMP l'a accusée d'avoir "menti" en se prétendant son ambassadrice.

"Je ne me suis jamais prétendue ambassadrice de quoi que ce soit. Je n'ai rien demandé. J'ai été chargée d'une mission par le Programme des Nations unies", affirme la présidente de la région Poitou-Charentes.

Elle a rendu publique dans la nuit la lettre de mission "que le PNUD a pris l'initiative de lui adresser" et dénoncé une "vieille technique de l'Elysée" pour la discréditer "en plein débat sérieux sur la taxe carbone".

Mais pour Libération, l'ex-candidate est "une éléphante qui trompe effrontément" en s'arrogeant des titres et des honneurs.

Le quotidien estime que Ségolène Royal vient de rompre la trêve tacite qu'elle avait signée avec Martine Aubry quelques jours à peine après "un week-end de réconciliation socialiste" afin de ne pas laisser la patronne du PS profiter d'un état de grâce.

Pour le Parisien, Ségolène Royal ne caracole plus en tête dans les sondages depuis déjà plusieurs mois, un certain nombre de ses lieutenants ont pris leurs distances et Martine Aubry lui a "volé" le thème de la rénovation du PS.

Mais "Royal connaît par coeur les leçons apprises auprès de François Mitterrand: rester accroché au terrain pour mieux rebondir plus tard sur la scène nationale. Et donner du temps au temps", estime le quotidien.

LES PIEDS DANS LE PLAT

Ségolène Royal n'avait pas raté l'occasion de mettre les pieds dans le plat le week-end dernier lors de l'université d'été du PS à La Rochelle en fustigeant la taxe carbone en préparation, un impôt selon elle "insupportable".

Se démarquant des écologistes, qui l'ont vivement critiquée sur le sujet, elle avait contraint Martine Aubry à recadrer la position socialiste.

Elle estime à présent avoir poussé le Premier ministre, François Fillon, à revoir sa copie.

"Ça bouge, encore un effort M. Fillon, et bientôt, vous renoncerez peut-être à cette taxe inefficace écologiquement et qui prend du pouvoir d'achat aux Français", dit-elle dans Le Parisien.

Concernant son bilan en Poitou-Charentes, Ségolène Royal rejette les critiques de l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et voit dans le défilé des ministres dans la région "un hommage à l'action que j'y mène".

"Ils viennent chercher des bonnes idées", insiste-t-elle.

Elle estime avoir souvent un "coup d'avance" sur les autres responsables politiques, raison pour laquelle elle se dit "violemment critiquée" y compris au sein de sa propre famille politique.

"Regardez les primaires, la démocratie participative et même l'ouverture au MoDem : aujourd'hui, les socialistes disent tous 'bienvenue'", lance-t-elle.

# Posté le jeudi 03 septembre 2009 06:52

PS - Royal contre-attaque

Ségolène Royal répond aux attaques de l'UMP par voie de communiqué à la mi-journée. Elle précise n'avoir "jamais prétendu être « ambassadrice » auprès du PNUD et rien de tel n'a été publié sur le site Désirs d'Avenir. Ella a été sollicitée par le PNUD, en raison du caractère exemplaire de la coopération décentralisée entre la région Poitou-Charentes et celle de Fatick au Sénégal pour une mission de représentation des régions du monde et de la coopération décentralisée. A ce titre elle est invitée par le PNUD à la réunion du 21 septembre à New York et au prochain sommet de Copenhague".

La polémique est née mardi. Vendredi dernier, à l'ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle, Ségolène Royal affirmait alors que "le responsable du programme des Nations Unies pour le Développement" lui avait demandé "et j'en suis très honorée, d'être la représentante mondiale au niveau des Nations unies pour la coopération décentralisée sur les énergies renouvelables". L'ex-candidate à la présidentielle avait alors assuré : "C'est à ce titre que le 21 septembre, je serai à l'ONU pour représenter ces régions du monde pour la préparation du Sommet de Copenhague".

"Mensonges", ont accusé mardi Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé, porte-parole et porte-parole adjoint de l'UMP. "Elle est aujourd'hui démasquée car contrairement à ce qu'elle affirme, elle n'est en rien ambassadrice officielle du PNUD. Tout est bon pour elle pour essayer d'attirer les lumières médiatiques sur son immodeste personne. Les Français ne manqueront pas d'apprécier ce comportement qui démontre son manque de respect à leur endroit et la piètre idée qu'elle se fait des institutions internationales".

Etonnement au PNUD

Interrogée, la directrice du PNUD à Genève, Cécile Molinier, a démenti que Ségolène Royal jouisse d'une fonction ou d'un titre particulier accordé par le PNUD, expliquant que le département des partenariats du PNUD avait pris contact avec elle en sa qualité de présidente de région, comme il le fait avec d'autres responsables, "ni plus ni moins". La responsable s'est déclarée "étonnée" de ces nouvelles déclarations car Ségolène Royal s'était déjà prévalu d'une relation privilégiée avec le PNUD qui avait fait une mise au point.

Le directeur de la plateforme pour les partenariats innovants du PNUD a précisé que la présidente de la région Poitou- Charentes avait été invitée à participer (mais pas sur une tribune) à un "évènement parallèle" organisé par une ONG à l'ONU à New York le 21 septembre où une déclaration sur les énergies renouvelables doit être lue au nom des présidents de région du monde entier.

Le 18 juin déjà, le cabinet de Ségolène Royal avait assuré qu'elle avait été chargée par le PNUD "d'oeuvrer à la reconnaissance de l'action des régions, aux côtés des Etats centraux, comme élément clef dans la lutte contre les changements climatiques". Le lendemain, le PNUD précisait avoir "effectivement eu des discussions" avec l'ex-candidate à la présidentielle mais affirmait qu'elle n'avait "pas été désignée ambassadrice du PNUD".
PS - Royal contre-attaque

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 08:50

Les idées vertes de Ségolène Royal

La taxe carbone, c'est un nouvel impôt qui va dégoûter les citoyens de l'écologie". Depuis vendredi, Ségolène Royal n'a de cesse de tirer à boulets rouges sur le projet du gouvernement visant à taxer la consommation d'énergie. Mardi, à l'Assemblée nationale, c'est pleine d'enthousiasme que la socialiste a franchi un cap et présenté des mesures qui se veulent alternatives. "Il faut taxer les compagnies pétrolières et Total avant de taxer les ménages modestes qui ont besoin de leur voiture pour se déplacer", suggère la socialiste. Autre proposition-phare : la baisse de la TVA "autour de 0 %" sur tous les équipements et les produits propres. Pour étayer son projet, Royal s'appuie sur son propre bilan à la tête de la région Poitou-Charentes.

"On est à l'avant-garde de l'expérience environnementale", se vante-t-elle avant de préconiser un "plan massif de développement des voitures électriques" et la généralisation du système "bonus-malus là où il y une possibilité de choix". Sa région a investi 5 millions d'euros dans l'entreprise Heuliez à laquelle 500 véhicules électriques ont été commandés ; et un système de bonus existe en Poitou-Charentes pour les foyers voulant s'équiper en chauffe-eau solaire.

"Un alibi pour les régionales" (UMP)

Dans les rangs poitevins de l'UMP, on s'agace de cette obsession écologiste de Royal. "Finalement, l'environnement et la taxe carbone deviennent un alibi pour démarrer sa campagne pour les régionales", souffle Pierre Gourdain, chargé de mission à l'UMP. Un alibi qui coûte cher aux contribuables poitevins selon ses opposants. Dernier exemple en date : "Le lycée Kyoto à Poitiers, 100 % énergies propres, inauguré par Ségolène Royal mardi, a coûté 40 millions d'euros à la région", fustige Gourdain, proche collaborateur de Henri de Richemont, candidat au scrutin de mars 2010. Et la gestion de la région comme "le laboratoire de la France de demain" serait loin d'être une réussite : à force de plaider pour la planète, "elle n'a pas trouvé de relais de croissance économique efficace pour la région", poursuit-il.

"Ségolène Royal a une tendance un peu naturelle à dire 'moi je'. Ses mesures sont mises en place par des 'petits soldats', dont font partie les Verts", précise Marie Legrand, la vice-présidente du Conseil Régional de Poitou-Charente. Mais selon l'élue des Verts, Ségolène Royal a tout de même largement contribué à convertir sa région à l'écologie. Sur la taxe carbone ? "Ségolène Royal a fait une boulette. Après le retour de flammes de Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit, elle devrait le comprendre". Mais rien n'est si sûr. Ségolène Royal ne se voit-elle pas comme "la meilleure candidate écologiste à l'élection présidentielle" ?
Les idées vertes de Ségolène Royal

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 08:29

Rentrée de Ségolène!

Pour Ségolène Royal, c'est clair : « Toutes ces réactions excessives prouvent bien que j'ai raison. » Alors que les socialistes étaient absorbés par la question des primaires, elle s'est offert une rentrée en fanfare en s'emparant du sujet de la taxe carbone. Quitte à défier ouvertement les Verts, qui avaient déclenché son courroux en rejetant tout accord de premier tour avec elle pour les régionales en Poitou-Charentes.

« Je me demande si finalement, compte tenu de tout ce que j'entends, je ne serais pas la meilleure candidate écologiste à l'élection présidentielle », a-t-elle même lancé mardi sous forme de boutade, sûre de son bilan régional dans ce domaine.


Elle fustige le « consensus mou »
Furieux, les Verts risquent fort de voir un projet hautement symbolique pour eux enterré purement et simplement. « Elle prend le risque de flinguer l'idée même d'une fiscalité écologique en France », s'inquiétait mardi Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement.

Pour Ségolène Royal, qui veut « taxer les compagnies pétrolières » comme Total plutôt que « les ménages qui ont besoin de leur voiture pour se déplacer », « les défis écologiques ne doivent pas aboutir à une régression sociale ». Des arguments qui embarrassent le gouvernement, mais aussi le PS. Car quand elle fustige le « consensus mou » de la classe politique sur cette question, elle vise aussi les socialistes, accusés de « se donner bonne conscience en adhérant à un impôt ».

Une nouvelle fois, Ségolène Royal fait donc entendre sa différence au sein du parti, en prenant la défense des plus démunis et de la France rurale – plus touchée par la taxe carbone car moins dotée de transports en commun – contre celle des grandes villes et des « bobos », selon l'expression d'une de ses proches.

Au passage, elle a égratigné mardi la première secrétaire Martine Aubry, accusée de faire le « grand écart entre les discours et les actes » en n'appliquant pas dès les régionales la règle du non-cumul des mandats, promise ce week-end aux militants. Apparemment, la trêve au PS est déjà finie.
Rentrée de Ségolène!

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 05:44