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C'est ce qu'affirment les proches de la socialiste. «Il n'y a aucune volonté d'ostraciser qui que ce soit», répond le responsable du journal interne du PS, qui publie la semaine prochaine une interview de l'ex-candidate à la présidentielle.

L'hebdo des socialistes ignore-t-il Ségolène Royal ? Au vu des derniers numéros du journal interne du Parti socialiste, tiré à 255.000 exemplaires et envoyé aux militants, la question de pose, selon les soutiens de l'ex-candidate à la présidentielle. Au point que deux proches de Royal, François Rebsamen et David Assouline, s'en sont plaints auprès de la direction du magazine et du PS, selon le Parisien/Aujourd'hui en France.
Faux, affirme François Rebsamen, qui assure à Libération.fr ne jamais s'être exprimé auprès de la direction du PS à ce sujet. Mais il ne nie pas le fond de l'affaire. «Ce qui est vrai, c'est qu'en privé, j'ai fait ce constat. J'ai dit à David Assouline qu'elle était peu présente dans l'hebdo. Mais je n'ai pas fait non plus de démarche officielle auprès d'Olivier Faure», directeur de la rédaction et proche de François Hollande.

Selon Dominique Bouissou, attaché de presse de Ségolène Royal, l'incident est clos, puisqu'«il y a une petite interview sur Mai 68 et, dans le prochain numéro, une autre sur le bilan de Sarkozy». En réalité, aucune trace d'un quelconque entretien sur Mai 68 dans le numéro de cette semaine. «Il ont dû le repousser», croit deviner l'attaché de presse.

«C'est un faux procès»

Olivier Faure nie, lui, toute volonté de nuire: «C'est un faux procès. Il n'y a aucune volonté d'ostraciser qui que ce soit. Cet article du Parisien tombe bizarrement», note-t-il. Pour preuve de sa bonne foi, il renvoie à l'interview sur le bilan du Président à paraître dans le prochain numéro: «Deux pleines pages décidées il y a plusieurs jours.» «J'ai eu Ségolène hier soir au téléphone pour voir ce qui l'embêtait, confie-t-il. Elle voulait surtout savoir si elle serait traitée à égalité pour la période du congrès.»

François Rebsamen estime lui «normal que la candidate désignée par 60% des adhérents puisse s'exprimer». Est-ce à dire que le député-maire de Dijon voit dans cette «absence» de Royal une volonté de la direction du PS? «Je suis sûr qu'il n'y a pas eu de consigne de François Hollande. Par contre, qu'il y ait la volonté, à la tête de la direction de l'hebdo, de ne pas valoriser Ségolène Royal, c'est possible», pense François Rebsamen.

«Actualité froide»

Olivier Faure renvoie lui aux contraintes de fabrication : «Le journal est bâti trois semaines à l'avance, écrit deux semaines avant et bouclé une semaine avant parution. On ne traite que d'actualité froide. Les éléphants sont dans la réactivité. Ils n'ont pas toujours envie de s'exprimer sur les OGM trois semaines à l'avance. De plus, on ne parle pas plus de Delanoë, Fabius ou DSK...»

Si, pour François Rebsamen, François Hollande n'y est pour rien, le peu de présence de Royal dans l'hebdo «traduit un état d'esprit général au niveau de certains responsables de la direction», souligne-t-il cependant. A l'heure des batailles de personnes en vue du congrès et, déjà, de l'élection présidentielle de 2012, le lieutenant de Royal voudrait que le journal interne face au moins bonne figure: «Si on veut présenter une famille PS rassemblée, c'est important d'y voir tous les socialistes, prévient-t-il. Mais ce n'est pas simplement l'hebdo qui suffira, j'en suis bien conscient...»
# Posté le vendredi 02 mai 2008 16:23
Modifié le samedi 03 mai 2008 08:57

Pour Ségolène Royal, Sarkozy a donné une "feuille de déroute" à son gouvernement

Pour Ségolène Royal, Sarkozy a donné une "feuille de déroute" à son gouvernement
PARIS (AFP) — Ségolène Royal (PS) a estimé vendredi sur France Inter que Nicolas Sarkozy avait donné, lors de son interview télévisée de la veille, une "feuille de déroute" à son gouvernement.

Le chef de l'Etat a cumulé les "aberrations", "les improvisations", les "contre-vérités". Sur la laïcité "en confirmant que les clercs et les prêtres donnaient du sens à la vie", le président a dit "des monstruosités", a jugé l'ex-candidate à la présidentielle.

M. Sarkozy a aussi fait preuve de "malhonnêteté" en imputant les difficultés de la France "à des chocs extérieurs".

"Il est en train de payer la masse des mensonges qu'il a proférés pendant la campagne présidentielle", a lancé Mme Royal estimant que la France "est tirée vers le bas".

"Le Premier ministre avait dit qu'il attendait de cette émission une feuille de route (...) Je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute", a déclaré la présidente de la Région Poitou-Charente.

"On est plus inquiets après l'émission qu'avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un président de la République hier, mais un candidat perpétuel", a-t-elle ajouté.

Quant au mea culpa du chef de l'Etat sur un certain nombre de sujets, elle y a vu "un truc de communication". "En clair, ça veut dire +je me suis trompé+", a-t-elle jugé.

Nicolas Sarkozy "n'a pas répondu sur les préoccupations des Français" notamment sur le pouvoir d'achat, privilégiant "la redistribution entre les précaires" et "a donné une image de la France en situation d'échec en particulier sur l'éducation nationale, ce qui est faux".

"Ce qui est en train de se passer, c'est de la brutalité, c'est beaucoup d'arrogance. J'ai vu un Nicolas Sarkozy parfois méprisant à l'égard des Français", a encore fait valoir la responsable socialiste.

"Sur la politique étrangère, il ne nous a pas rassuré et au contraire c'est extrêmement inquiétant", a-t-elle également affirmé, soulignant ses propos "aberrants" dans le but de "justifier qu'il se couche devant la Chine".
# Posté le vendredi 25 avril 2008 04:20

Martine Aubry, l'anti-Ségolène Royal

Martine Aubry, l'anti-Ségolène Royal
Les premiers messages sont arrivés quelques minutes après l'annonce de sa victoire. Autour d'elle, ce 16 mars, dans les grands salons de la mairie de Lille, on était encore en train de la féliciter pour son score de 66,56 % au second tour des municipales. Ses parents, Jacques et Marie Delors, venus de Paris tout exprès, riaient de la voir si radieuse. Et les réactions des amis sont parvenues jusqu'à elle en même temps que leurs bravos. "Ségolène a mangé son pain blanc", a soufflé l'un. "Les Français veulent une femme de gauche, te voilà", a souri l'autre. Alain Minc, ami de Martine Aubry depuis l'ENA, a pianoté un Texto éloquent : "Cela n'a de sens que si tu te places face à la Madone". Et le député François Lamy, fidèle de la maire réélue, a repris son antienne de toujours : "Martine, il faut que tu y ailles !"


Quelques mois plus tôt, Martine Aubry faisait rire ses amis en imitant Ségolène Royal dans une série de saynètes hilarantes. "Ségolène et sa rouerie", "Ségolène et ses insuffisances", "Ségolène et ses revirements". Et pour finir, "Ségolène et son hypocrisie". En septembre 2007, quatre mois après la défaite de la gauche à la présidentielle, "Ségolène", qui ne doit rien ignorer de la détestation qu'elle suscite, a téléphoné à "Martine" pour lui proposer une rencontre. "Il n'y a pas d'urgence", a jeté négligemment la maire de Lille, qui conclut généralement pour son auditoire d'un : "On ne s'est toujours pas vues..."

Il y a dix ans - autant dire une éternité -, lorsque l'une était sous la tutelle de l'autre au sein du gouvernement Jospin, et que Martine Aubry dominait, les deux femmes s'ignoraient. Aubry était la ministre phare de la gauche au pouvoir et, souligne la députée Marylise Lebranchu, "Ségolène n'était pas un sujet". Elle l'était si peu que, lorsqu'en 2005, Martine Aubry laissa son premier adjoint à Lille, Pierre de Saintignon, expliquer à La Rochelle : "Il est temps qu'une femme s'occupe de la France", aucun des amis d'Aubry n'imagina que "Ségolène" s'engouffrerait dans la brèche et deviendrait "la femme" qu'ils appelaient de leurs voeux. "Martine a hésité trop longtemps, reconnaît son amie Adeline Hazan, la maire de Reims, et elle se rend compte aujourd'hui qu'elle aurait dû y aller." En 1994, déjà, lorsque son père, Jacques Delors, avait renoncé à se présenter, nombre de socialistes avaient cru que sa fille reprendrait le flambeau. "Mais peut-être y a-t-il chez Delors et Aubry, constate un ami, le même problème de passage à l'acte."

Aujourd'hui, elle continue de répéter : "Je ne suis pas une obsédée de la présidentielle." Mais ses amis l'ont entendue s'inquiéter de voir le patron de la Fédération socialiste du Nord, Gilles Pargneaux, répondre à des appels du pied royalistes. S'étonner que Pierre Moscovici, prétendant déclaré au poste de premier secrétaire du PS, ait multiplié les rendez-vous avec la présidente de la région Poitou-Charentes. S'insurger que son ami Alain Minc ait déjeuné avec elle : "Pourquoi perds-tu ton temps ?" Ramener sur terre d'un enjoué "ma parole, voilà que tu te prends pour Ségolène !" Bertrand Delanoë, qui, dans un élan de lyrisme, affirmait avoir senti "un vent nouveau se lever". Expliquer gravement devant les caméras, au soir du premier tour des municipales, qu'elle "ne s'était pas sentie très bien avec la façon dont on avait fait de la politique en 2007". Et enfin lâcher devant ses proches cette phrase qu'ils attendaient tous : "Il faut qu'on s'organise..."

La chose n'est pas si facile. Martine Aubry a perdu une partie des réseaux, puissants et éclectiques, qui étaient les siens dix ans auparavant. Son humour acéré lui vaut encore bon nombre d'inimitiés au sein du PS. Elle reste associée, dans l'opinion, au bilan controversé des 35 heures. Et représente, au fond, une version d'une "social-démocratie à l'allemande face au populisme triomphant de Ségolène Royal", résume Alain Minc.

En revenant sur la scène nationale, Martine Aubry conteste de front la mutation amorcée par l'ex-candidate à la présidentielle. Enarques, électoralement ancrées dans une région, fortes personnalités, femmes, voilà pour leurs ressemblances. Mais elles incarnent au fond les deux tendances qui divisent le socialisme depuis trente ans.

Après s'être longtemps agacée d'être la fille de son père, avoir rompu avec tout ce côté "chrétien de gauche" du delorisme, Martine Aubry est revenue finalement à la vision très "deuxième gauche" du socialisme. "Elle a un jugement moral sur la politique, bien qu'elle ne soit pas pratiquante", constate Jacques Delors. Ségolène Royal, elle, reste profondément mitterrandienne, un zeste de puritanisme en plus. L'une estime Lionel Jospin, l'autre l'a exaspéré. L'une voudrait convaincre les Français. L'autre a suscité l'engouement des foules. "Pour être complet, signale Jean-Christophe Cambadélis, ne pas oublier que Martine a le sentiment que sa place a été usurpée par Royal."

De l'ex-candidate à l'élection présidentielle, Martine Aubry n'apprécie ni le style, ni les choix, ni la stratégie. La personnalisation du pouvoir ? "Quand on parle de soi-même, on ne parle pas des Français", cingle-t-elle en rappelant ces émissions de télévision "ahurissantes", lors de la campagne, "où des gens levaient le doigt pour évoquer leur cas particulier devant des candidats qui ne parlaient que d'eux-mêmes".

La démocratie participative ? "Un responsable politique doit avoir analysé la société et permettre un débat autour des solutions qu'il propose, plutôt que de réclamer aux gens : "Dites-moi ce qu'il convient de faire ?"" Les valeurs de la gauche ? "Il serait temps de dire aux Français que nos sociétés sont devenues trop matérialistes et de les porter vers un projet collectif. Pourquoi chacun accepte-t-il de payer d'énormes factures de téléphone et d'Internet sans vouloir financer les dépenses de santé et d'éducation ?" Les alliances électorales ? "J'ai construit, à Lille, un accord avec les Verts et le MoDem. Mais sur des valeurs communes." Mais alors, pourquoi un tel succès de sa rivale auprès des militants socialistes ? "Parce qu'elle représentait ce que nous sommes devenus. Individualistes, flottants, inconscients de notre histoire..."

Le 17 décembre 2007, lorsque Martine Aubry a fait un aller et retour jusqu'à Paris pour déjeuner avec les "reconstructeurs" du PS - un mélange de fabiusiens, d'amis de Dominique Strauss-Kahn et de rocardiens -, elle a pourtant fermement prévenu chacun : "Si nous construisons un cartel des "non à Ségolène", elle s'en servira pour se poser en victime des éléphants." Et elle s'est mise au travail. Aux "reconstructeurs", elle a proposé cinq sujets de réflexion : la stratégie du parti, les mutations économiques, le développement durable, l'Europe et l'individualisme contemporain. Le sociologue Michel Wieviorka a été chargé de réactiver les réseaux d'intellectuels et d'experts laissés depuis des années en jachère. "C'est un chef. Elle est généreuse, cultivée et organisée, sourit son père, Jacques Delors. J'ai toujours pensé qu'en politique, elle était meilleure que moi."


Reste une grosse difficulté qu'elle rechigne à aborder : les 35 heures, auxquelles son nom est désormais associé. Elle supporte mal que la droite, mais aussi une partie de la gauche et des syndicats, contestent la façon dont elle a mis en oeuvre la deuxième loi de réduction du temps de travail. "C'était une vraie réforme politique, qui touchait à l'organisation entre le capital et le travail, rappelle-t-elle, mais portait aussi sur la répartition entre ceux qui travaillent et les chômeurs, et poussait à une réflexion plus large sur la vie, l'éducation des enfants, le temps pour soi."

Lorsqu'on lui rapporte les critiques sur le blocage des salaires qui a accompagné la loi, celles de la CFDT, dont le secrétaire général, François Chérèque, reconnaît que sa confédération, alors dirigée par Nicole Notat, a été "très meurtrie par la méthode Aubry", elle rappelle qu'elle s'est "battue contre une certaine gauche radicale qui voulait toujours plus et (la) traitait alors de suppôt du patronat !"

Aucun de ses amis n'ignore combien elle était mitigée sur les 35 heures, avant le retour de la gauche au pouvoir, en 1997. Mais elle ne laisserait personne d'autre les assumer. Et finit par tout balayer d'un revers de main : "Eh bien, moi, je reçois encore des cartes postales de gens qui m'écrivent "merci, pour les RTT" !"

Elle s'est pourtant attelée à gommer l'image de ministre brutale - "C'est la mère-emptoire", persiflait alors Le Canard enchaîné - héritée de son épuisant passage au sein d'un gouvernement Jospin dont elle a assumé près d'un tiers des projets de loi. Plusieurs coups de semonce ont été nécessaires. Le succès de La Dame des 35 heures, une enquête sévère - "un pamphlet", dit-elle - de Philippe Alexandre et Béatrix de l'Aulnoit (Robert Laffont, 2002), l'a profondément blessée.

Sa défaite aux législatives, trois mois plus tard - "Je ne me raconte pas d'histoires, j'ai perdu parce que je n'avais pas été bonne", reconnaît-elle aujourd'hui -, l'a meurtrie. La colère de Pierre Mauroy, lors d'un bureau national, le 21 mars 2006 - "Elle a dit trop de mal, de trop de monde !", s'était emporté l'ancien maire de Lille -, l'a rendue plus prudente.

Sa réélection à la mairie et sa conquête de la Communauté urbaine l'ont pourtant rassérénée. La réussite de sa politique culturelle et de transformation des quartiers populaires est un indéniable succès. Elle qui supporte si mal les critiques de la presse peut enfin triompher devant les journalistes : "Vous avez écrit que j'étais mal aimée, si, si, mal aimée. J'espère que vous reconnaîtrez que vous vous êtes trompés." Et sa remontée fulgurante dans les sondages l'a convaincue que ce qu'elle représentait n'était pas mort. A l'automne 2006, lorsque Ségolène Royal avait été désignée par les militants socialistes, elle s'était repliée sur son fief nordiste. Depuis quelques mois, on la voit plus souvent dans le TGV pour Paris.
# Posté le mardi 22 avril 2008 10:41

morano raille Ségolène royal

morano raille Ségolène royal

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Morano raille Royal
Interrogée sur RTL à propos des critiques de Ségoléne Royal sur la suppression de la majoration des allocations familiales, Nadine Morano, secrétaire d'État à la famille a estimé que l'ancienne candidate socialiste n'avait "pas de leçons à donner". Elle en a profité pour rappeler la condamnation de Royal pour licenciement abusif. "Ségolène Royal est une entreprise de démolition a elle toute seule", a souligné Morano reprenant le terme de la dirigeante socialiste ("destruction") utlisé à propos de la suppression de la majoration des allocations.
# Posté le vendredi 18 avril 2008 04:28

Ségolène Royal demande le Panthéon pour Aimé Césaire

Ségolène Royal demande le Panthéon pour Aimé Césaire
Ségolène Royal a demandé jeudi l'entrée au Panthéon d'Aimé Césaire, "éminent symbole d'une France métissée" décédé à l'âge de 94 ans.

"Une grande voix s'est éteinte, celle d'un homme de conviction, de création, de témoignage, qui fut sa vie durant un éveilleur de conscience, un éclaireur de notre temps, un démineur d'hypocrisies, un porteur d'espoir pour tous les humiliés, un combattant inlassable de l'humaine dignité", a déclaré la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes dans un communiqué.

Ségolène Royal exprime sa "reconnaissance profonde" au président d'honneur du comité de soutien de sa campagne présidentielle de 2007. AP
# Posté le jeudi 17 avril 2008 10:24